Depuis le 1er juillet 2021, un cap important a été franchi pour les fabricants et utilisateurs de transformateurs en Europe avec l’entrée en vigueur de la Phase 2 (ou « Tier 2 ») de la directive Ecodesign. Derrière ce terme réglementaire se cache une ambition très concrète : réduire les pertes d’énergie et améliorer l’efficacité des transformateurs mis sur le marché européen. 

Le texte de référence est le Règlement (UE) n° 548/2014, dans sa version consolidée de 2019. Mais entre articles juridiques et tableaux de valeurs, il n’est pas toujours simple de comprendre ce que cela implique réellement pour un projet industriel ou une installation électrique. 

Transformateurs de “faible puissance” 

Un transformateur est considéré comme « faible puissance » par la directive, lorsque sa tension la plus élevée est inférieure ou égale à 1,1 kV, et s’applique à tout transformateur d’une puissance assignée minimale de 1 kVA. Cela concerne la majorité des transformateurs BT/BT utilisés dans les installations classiques : bâtiments tertiaires, ateliers, infrastructures techniques, etc. 

Pour cette catégorie, l’Union européenne a choisi une approche fondée sur la transparence plutôt que sur l’imposition de seuils stricts.  Aucun plafond de pertes n’est fixé pour les transformateurs basse tension. La raison est simple : leurs caractéristiques et usages sont très variés. Fixer une limite uniforme aurait été peu adapté à la réalité du terrain. 

En revanche, une obligation est incontournable : le fabricant doit indiquer clairement dans la documentation technique les pertes à vide (P₀) et les pertes en charge (P). Les pertes à vide correspondent à l’énergie consommée en permanence par le transformateur, même sans charge. Les pertes en charge représentent l’énergie dissipée sous forme de chaleur lorsqu’il alimente effectivement une installation. 

L’objectif est de permettre aux acheteurs, bureaux d’études et exploitants de comparer les performances énergétiques et d’orienter leurs choix vers les solutions les plus efficaces. En basse tension, la directive n’impose donc pas un niveau minimal de performance, mais elle impose une transparence totale. 

Transformateurs de “moyenne et grande puissance” 

Dès que la tension dépasse 1,1 kV — par exemple pour un transformateur 20 000 V / 400 V — les règles deviennent beaucoup plus exigeantes. Dans ce cas, la directive ne se limite plus à l’information : elle impose des résultats. Des valeurs maximales de pertes à vide (P₀) et de pertes en charge (P) sont fixées par des tableaux précis. Ces seuils ont été renforcés lors du passage en Phase 2, avec une réduction d’environ 10 % par rapport à la Phase 1. 

Concrètement, un transformateur moyenne tension qui dépasse ces valeurs ne peut plus être mis sur le marché ni mis en service au sein de l’Union européenne. Certaines situations particulières échappent toutefois à ces exigences. C’est notamment le cas des transformateurs de mesure, des appareils destinés aux fours industriels ou au soudage, des équipements installés sur des plateformes offshore ou à bord de navires, ainsi que des installations temporaires mises en place en cas d’urgence. 

La directive Ecodesign modifie ainsi en profondeur la manière de concevoir, sélectionner et commercialiser les transformateurs en Europe. En basse tension, elle pousse à la comparaison et à la responsabilité énergétique. En moyenne tension, elle impose une performance minimale obligatoire.